Comment j’ai réussi à travailler au japon : mon premier emploi

A part mes proches, cette histoire je ne l’ai jamais racontée à personne : Comment j’ai fait pour travailler au japon et trouver mon premier emploi. Toutes les péripéties qui me sont arrivées où j’ai bien failli quitter le japon.

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Trouver un premier emploi au japon est loin d’être facile…

C’était en 2009, je venais tout juste de passer mon JLPT niveau 2 et je n’avais pas encore les résultats. J’avais déjà obtenu le JLPT niveau 3 un an plus tôt, mais mon niveau de japonais oral était loin d’être suffisant et surtout j’étais quelqu’un de timide, craintif et je doutais de mes capacités.

La vie scolaire était bien loin de la réalité, les professeurs sont bien gentils avec les élèves. Je me rendais compte que nous avions été sur-couvés, et qu’on ne connaissait rien de la société japonaise.

Lorsque j’ai passé mon premier entretien, j’ai bien compris que le gap entre la vie étudiante et la vie dans la société japonaise était énorme. Ce premier entretien n’était pas qu’un entretien oral mais il y avait aussi un test d’aptitude et de personnalité. Je comprenais à moitié ce que me disait la recruteuse et concernant mon test d’aptitude, n’en parlant pas c’était la catastrophe. Je ne comprenais pas les Kanji et je n’ai pas pu le finir. Sans surprise, je savais que j’avais raté cet entretien.

C’était le grand choc et il fallait que je me reprenne sans quoi j’allais rentrer au bercail bredouille.

J’ai donc décidé de me bouger et d’optimiser mes recherches en ne sélectionnant que les offres d’emplois qui semblaient adaptées à mon niveau. Aussi j’ai adopté le mode opératoire : postuler en masse, au moins 5 à 10 candidatures par jour !

Je scrutais les magazines d’offres emplois et les sites d’embauche tous les soirs, et j’envoyais des courriers de candidature tous les jours !

Malgré ces efforts le taux de refus était élevé. C’était toujours plus ou moins les mêmes réponses avec une phrase de refus qui ressemblait à :

慎重に選考を進めました結果、誠に残念ながら。。。
Nous avons examiné votre candidature avec soins et voici le résultat : Nous désolés de vous informer que…

Dès les premières lignes je savais que ma candidature était rejetée. Après une vingtaine de refus, je vous assure qu’on commence vite à désespérer. J’avais l’impression que les entreprises ne voulaient pas prendre en charge un étranger. La vérité est que beaucoup d’entreprises japonaises ne veulent pas « materner » un employé qui n’a pas le niveau business en japonais et ça se comprend. Le JLPT 2 est le strict minimum pour la plupart d’entre elles.

Mais heureusement que je n’ai pas lâché le morceau. J’ai continué à améliorer mon CV japonais, mes mails d’accroches, à répéter mes entretiens d’embauche et j’ai réussi à obtenir des entretiens !

En 3 mois, j’ai eu 10 entretiens. Mais seule une entreprise à voulu m’embaucher.

Cette entreprise (qu’on appellera C) m’a été présentée par un cabinet de recrutement aussi appelé entreprise de chasseurs de têtes (qu’on appellera B). J’étais plus moins content et rassuré d’avoir trouvé une entreprise qui voulait me sponsoriser. Mais ce qui va suivre, allait vite me faire déchanter.

J’ai eu la promesse d’embauche par l’entreprise C (dit Naitei 内定 en japonais), 2 mois avant la fin de mon visa. On avait convenu le salaire et la position que j’occuperais. Mais environ 1 mois avant la fin de mon visa, alors que je demande des nouvelles de l’avancée du contrat de travail. L’entreprise intermédiaire B me dit que le contrat est toujours en cours de négociation.

Après plusieurs coups de fils pour faire avancer le contrat, une semaine plus tard, j’ai une première ébauche du contrat. Et je me rends compte qu’ils ont décidé de baisser mon salaire sans me consulter !

Je contacte tout de suite l’entreprise B et je lui demande si c’est normal. Elle me dit non ce n’est pas normal, mais apparemment ils n’ont pas le budget. Je décide de mettre tout cela au clair en fixant un rendez-vous avec l’entreprise C. Lors du RDV le ton est froid, et je me rend compte qu’ils n’ont pas confiance en moi et qu’ils ne sont pas « sur » de la valeur ajoutée que je pourrais apporter, ce qui explique la décision de faire des « économies » de budget.

Mais le problème c’est que je ne pouvais plus faire marche arrière, avec mon visa qui se finissait dans 3 semaines, je n’avais plus le temps de chercher un autre emploi. J’ai donc décidé d’accepter l’offre. J’ai rassemblé tous les documents et je les ai soumis à l’immigration.

Deux semaines plus tard, j’ai une carte postale de l’immigration indiquant que mon dossier a été rejeté ! J’étais anéanti ! J’avais l’impression que tous mes efforts étaient perdus !

Le jour suivant, je vais directement à l’immigration et je demande la raison du rejet. Et la je découvre que mon contrat de travail était frauduleux !

Le contrat en question n’était pas clair, il n’y avait aucune clause concernant le CDI, et une mystérieuse durée d’un an était écrite en tout petit. Je n’ai pas été assez attentif et je ne m’y connaissais pas vraiment en contrats japonais. En gros, mon contrat était un CDD, le salaire était bien en dessous de la moyenne de mes compétences. L’immigration m’a averti de faire attention à ce genre de contrat et que j’avais 2 possibilités : soit demander une augmentation de salaire et un CDI, soit postuler pour une autre entreprise. Mais il n’y avait aucun doute que l’entreprise C voulait me rouler et me sous-payer.

Avec mon visa étudiant qui se terminait dans 1 semaine. C’était avec grande tristesse que si prêt du but, je devais dire au revoir au japon…

Mais je n’ai pas laissé cette fatalité se produire. J’ai pris un autre RDV avec l’immigration et j’ai négocié avec un agent qui avait bien compris que j’étais en difficulté. Ils m’ont accordé une prolongation de visa de 3 mois (changement en visa touriste sans nécessité de quitter le territoire) pour recherche de travail.

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Changement de visa en « temporary visitor »

L’entreprise C a fini par s’excuser du tord causé, mais qu’ils ne pouvaient pas augmenter mon salaire. De toute façon, je ne voulais plus avoir affaire avec eux, j’ai simplement coupé les ponts avec cette entreprise.

Avec le sursis qui m’était accordé je pouvais respirer ! Mais rien n’était gagné. Je devais continuer chercher un emploi au japon.

J’ai continué à envoyer des candidatures spontanées et je me suis inscrit au Hello work (le pôle emploi au japon). Le Hello work m’a permis de trouver mon premier emploi. J’y allais presque tout les jours pour voir les nouvelles offres et en moins d’un mois j’ai trouvé un poste à Nagoya (名古屋) avec un meilleur salaire.
J’ai reconstitué un dossier pour l’immigration, et cette fois ci c’est passé comme une lettre à la poste. Au bout de 3 semaines, je reçois une confirmation que mon dossier a été accepté et qu’il faut que je change mon visa de touriste en visa de travail.

C’est ainsi que j’ai commencé à travailler pour une entreprise japonaise pour la première fois le 1 mai 2009.

La moralité de l’histoire est que si vous inspirez à travailler au japon, soyez sur d’y être préparé. C’est à dire : avoir les diplômes et pré-requis, avoir un CV japonais impeccable, répéter ses entretiens et surtout ne pas se démotiver : Gardez la tête sur les épaules quoi qu’il arrive et ne vous laissez pas abattre par les échecs.

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6 Commentaires
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  • Coconut
    (27 août 2015 à 23 h 02 min)

    Merci pour ce témoignage, je savais que bosser au japon pour les étrangers n’était pas facile. je suis encore étudiant mais j’envisage aussi de partir y travailler.

  • Kimi
    (28 août 2015 à 10 h 54 min)

    Merci pour ton témoignage ! Je pense que j’aurais été autant anéantie à ta place. Mais les efforts finissent par payer, du moins il parait x). Je suis en working holiday au Japon depuis deux mois et je sais déjà que je ne veux pas quitter le pays. La tâche sera très difficile mais jspr avoir ma chance, moi aussi.
    Bonne continuation.

    • Frederic CAISSON
      (28 août 2015 à 12 h 04 min)

      Bonne chance à toi 🙂

  • Mertel
    (13 novembre 2015 à 8 h 22 min)

    Salut Fred !!

    Ton blog est très intéressant et surtout merci d’avoir partagé ton expérience. Tu devrais aussi en dire plus sur comment tu as trouvé par la suite du travail à Tokyo et comment t’as pu travailler en télé-travail à Okinawa.

    Je m’appelle Mertel et je suis le fondateur du blog Nipponoob !

    Juste pour te dire que ton blog vient de mériter une place dans mon top 5 !

    J’espère te rencontrer un jour quand je viendrais au Japon 😉

    • Frederic CAISSON
      (14 novembre 2015 à 18 h 08 min)

      Merci pour ton commentaire et tes encouragements Mertel.

  • sandra
    (25 mars 2016 à 20 h 51 min)

    Tu as eu un parcours difficile. Quel courage, tu t’es bien battu.
    J’avoue que je pense que l’anéantissement de tout ces échecs d’affiler, m’aurais écraser.
    Bon courage et bonne continuation 😉