Le Château ambulant (

Dans mon top des films Ghibli, il arrive deuxième, juste derrière Le Château dans le ciel. Pourtant, il a un vrai défaut, et je vous en parle plus bas : sa fin part dans tous les sens.
L’histoire, sans vous raconter la fin
Sophie est une jeune fille discrète qui passe ses journées à fabriquer des chapeaux.

Mais la Sorcière des Landes passe à la boutique et lui jette un sort. Résultat, du jour au lendemain, Sophie se retrouve dans le corps d’une vieille femme.
Elle plie bagage et finit par atterrir dans le château de Hauru, un magicien qui a très mauvaise réputation. Ce château marche sur de grandes pattes de métal, crache de la fumée et grince à chaque pas.
Personne ne l’a invitée, mais ça ne l’arrête pas : elle s’installe et se met à faire le ménage. Dans la cuisine, elle tombe sur Calcifer, un démon du feu, qui lui propose un marché : il l’aidera à lever son sort si elle le libère de son contrat avec Hauru.
Hauru vit là avec son jeune apprenti, Markl. Il vole au-dessus des villes, et la porte du château s’ouvre sur plusieurs endroits du royaume.
Mon avis : un château rempli de gens qui se cachent
Un château qui ressemble à son propriétaire
De loin, le château en jette. Mais une fois dedans, c’est un vrai capharnaüm, et Hauru est exactement pareil.

J’aime cette idée, parce qu’elle est vraie dans la vie : l’intérieur d’une maison en dit long sur la personne qui y habite.
Avec sa porte à poignée colorée, Hauru change de ville et de nom comme de chemise. Dès que ça se complique, il peut donc prendre la poudre d’escampette.
Hauru, un magicien moins fort qu’il n’en a l’air
Au début, on le croit élégant et sûr de lui. Puis on découvre un grand froussard, tellement incapable d’affronter Madame Suliman, la magicienne de la Cour, qu’il envoie Sophie à sa place. Et il suffit d’un accident de couleur de cheveux pour qu’il en fasse tout un drame.
C’est ce qui me le rend sympathique, bien plus que le beau magicien des premières scènes.
Calcifer, le petit feu qui tient la baraque
Quant à Calcifer, il râle dès qu’on lui demande de faire cuire des œufs, alors que c’est lui qui fait tenir toute la baraque. Lui et Hauru sont d’ailleurs liés d’une façon que je préfère ne pas vous révéler ici.
Sophie, entre l’amour et un cœur de maman
Avant le sort, Sophie s’efface derrière ses chapeaux. Elle se croit banale et laisse les autres décider pour elle.

Une fois vieille, elle n’a plus rien à perdre : personne ne lui demande de plaire, alors elle dit ce qu’elle pense et ne se laisse plus marcher sur les pieds.
Et là, je trouve qu’elle a un cœur de maman. Elle dit à chacun ce qui est bien et ce qui ne l’est pas, comme une mère avec ses enfants. Elle remet Hauru à sa place quand il se laisse aller, s’occupe de Markl, tient tête à Calcifer et prend même soin de la Sorcière des Landes, celle qui lui a jeté le sort !
Mais elle ne reste pas une maman pour Hauru, puisqu’elle en tombe amoureuse. D’ailleurs, son visage ne garde pas toujours le même âge : elle rajeunit quand elle parle avec assurance ou quand elle est près de lui, puis ses rides reviennent.
Miyazaki n’explique jamais cette magie. Moi, j’y vois l’écart entre l’image que Sophie a d’elle-même et la femme qu’elle devient.
La guerre, et une fin qui va trop vite
Le château a beau changer de ville, la guerre finit par le rattraper. Des avions survolent les rues, des bombes tombent et Hauru s’épuise à intervenir.
Chaque vol le rapproche d’une forme dont il risque de ne plus revenir. Lui qui a passé sa vie à filer par la porte de derrière se retrouve donc au pied du mur.
C’est aussi là que le film se complique. Les camps, les ordres donnés aux magiciens et les transformations s’enchaînent, puis tout se règle d’un coup. J’aurais aimé passer plus de temps avec les personnages avant que la guerre s’arrête.
Les images et la musique de Joe Hisaishi
Le château a l’air bricolé avec des morceaux de récup : du métal, du bois, des tuyaux. Avec sa démarche lourde, on le reconnaît au premier coup d’œil.
La musique est de Joe Hisaishi. Sa valse accompagne les premiers pas de Sophie et Hauru dans les airs, puis elle revient plus tard, quand leur histoire a changé.

Le film a été nommé à l’Oscar du meilleur film d’animation en 2006, mais c’est Wallace et Gromit qui l’a emporté.
Le titre et les noms en japonais
Le titre japonais se lit en quatre morceaux :
| Mot | Lecture | Sens |
| ハウル | Hauru | Hauru, le nom du magicien (en katakana) |
| の | no | « de », pour indiquer à qui appartient le château |
| 動く | ugoku | bouger, se déplacer |
| 城 | shiro | le château |
動く est la forme du dictionnaire du verbe. Placée juste devant 城, elle décrit le nom : le château qui bouge. En japonais, le verbe se met donc avant le nom, sans équivalent de notre « qui ».
Vous retrouvez aussi le の dans le nom de la Sorcière des Landes,
Quant aux noms des personnages, ils sont écrits en katakana : ハウル (Hauru), ソフィー (Sofī), カルシファー (Karushifā). Comme ils sont courts et qu’on les entend souvent, c’est un bon exercice si vous débutez avec les katakana. Le trait ー allonge simplement la voyelle d’avant.
Vous voulez regarder Le Château ambulant ?
Malgré sa fin, je le garde tout en haut de mon top des films Ghibli. Et si vous aimez les héroïnes qui avancent même quand elles ont peur, lisez aussi mon avis sur Le Voyage de Chihiro.
Vous pouvez vous le procurer en blu-ray ou le voir sur Amazon Prime. Si vous étudiez le japonais, je vous recommande la VOST, avec les sous-titres français dans un premier temps.
Hauru no Ugoku Shiro / Le Château ambulant
Sophie, changée en vieille femme, rejoint le château mobile du magicien Hauru.
Année : 2004
sur Amazon
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