La culture japonaise au travail

Avant de travailler au Japon, vous vous demandez certainement comment est la culture japonaise au travail.

Vous voudrez surement savoir quel est le mode de travail et à quoi vous devez vous attendre lorsque vous travaillez au Japon.

culture japonaise au travail

Jusqu’à présent, j’ai pu travailler dans quatre entreprises japonaises et j’ai remarqué de nombreuses similitudes au niveau de la culture japonaise au travail.

Bien entendu, certaines coutumes ou modes de travail sont beaucoup plus ancrées dans les entreprises dites « traditionnelles » que celles qui sont un peu plus « modernes ».

Cependant on sent toujours des aspects bien présents qui font la particularité du mode de travail à la japonaise.

Voici quelques aspects dont vous devrez vous accoutumer, si vous voulez travailler au Japon.

Les aspects de culture japonaise au travail

Le respect de la hiérarchie

Comme dans beaucoup de pays asiatiques, il est important, voire obligatoire respecter ses ainés.

Les entreprises au Japon, n’échappent à cette idéologie.

En effet, la plupart des entreprises nippones ont un système hiérarchique pyramidale. Au plus haut poste, on retrouve le chef d’entreprise dit shachō (社長), ensuite dépendant de l’envergure de l’entreprise vous pouvez avoir plusieurs sous chefs tels que : le vice président dit fukushachō (副社長), chef de section dit buchō (部長), chef de groupe dit kacho (課長), les managers (マネージャ)…

Il faudra naturellement respecter ses supérieurs (appelés Jōshi 上司), exécuter leurs ordres sans dire quoi que ce soit et éviter de les contredire.

Le respect passe par le langage, avec l’utilisation obligatoire du Keigo (le language honorifique : 敬語) mais aussi par la gestuelle, il faudra se montrer humble, se courber ou s’excuser si on fait mal.

Outre les supérieurs, il faudra aussi respecter les anciens, c’est à dire ceux qui sont entré dans l’entreprise avant vous.

Vous avez certainement entendu le terme : Senpai (先輩) dans les animes. Et bien dans une entreprise les anciens sont des Senpai, il faudra aussi leur montrer du respect.

La culture de groupe

Dans une entreprise « japonaise » on privilégiera plutôt l’esprit de groupe que l’esprit individuel.

Il faudra généralement consulter « tout le monde » avant de faire quoi que ce soit.

Ainsi tout résultat ou conséquence (échec ou réussite) est une affaire de groupe.

Par exemple, même si une erreur à été commise par une seule personne, et que même celle-ci s’excuse, le problème sera relaté dans sa globalité en incluant toutes les personnes concernées du groupe.

Bien sur, aux yeux du chef de service, ce sera le chef de groupe qui incombera de la responsabilité. Mais ça sera le groupe entier, qui sera concerné par le problème.

Vous l’aurez compris, on est bien loin de l’individualisme qu’on retrouve dans les startup françaises ou américaines.

Avoir un esprit frivole, est souvent mal vu. C’est pourquoi il faudra se fondre dans le groupe et essayer de ne pas casser l’harmonie du cercle.

Au Japon, ce cercle de l’entreprise est souvent considéré comme une deuxième famille.

Dans les entreprises traditionnelles, le patron est parfois considéré comme le patriarche de la famille.

Lorsqu’on travaille pour une entreprise on travaille pour « nourrir cette famille ».

Vivre pour son travail

Comme nous l’avons vu, cette deuxième famille est parfois tellement importante que certains salaryman ne vivent que pour leur travail.

Ils restent généralement tard au travail, privilégiant les sorties avec les collègues de travail au détriment de leur famille principale.

Au Japon, il y a beaucoup de familles où le père est pratiquement absent de la maison…

La limite entre vie privée et vie professionnelle est ambiguë et parfois inexistante.

Si bien que lors qu’arrive un grand évènement tel que le mariage, l’employé devra par politesse, inviter son entourage professionnel au second banquet du mariage.

Dans ce cas, l’entreprise est en quelque sorte une famille de parrainage et paiera une partie du mariage.

Cependant au delà de l’avantage financier, on peut être réticent à inviter son patron à son propre mariage. C’est pourquoi, de plus en plus de japonais décident se marier à l’étranger.

Le respect des règles

Si il y a bien des entreprises ou les règles sont carrées, c’est bien le Japon.

Il faudra généralement respecter les règles à la lettre, certaines d’entre elles seront même stipulées dans votre contrat de travail (clauses confidentielles, horaires de travail…).

Une des règles les plus commune au Japon, c’est d’être toujours à l’heure !

Vous devez être présent au moins 10 minutes avant l’heure. Tous retards non justifiés ou redondants seront très mal vu.

Les taches administratives sont aussi régies par des protocoles et mode opératoires bien précis.

Comme à l’administration, il faudra remplir des formulaires et faire remonter à la hiérarchie pour obtenir un accord (ex : demande de congé).

Les heures supplémentaires

Être à l’heure est le b.a.-ba du salaryman japonais, mais partir pile à l’heure en fin de journée n’est certainement pas de coutume.

Oubliez les 35 heures à la française, au Japon, il est naturel rester au travail 2 ou 3 heures de plus…

Mais ne croyez surtout pas les japonais aiment faire des heures supplémentaires (Zangyou 残業, Tetsuya 徹夜).

Pour la plupart d’entre eux, ils sont en quelque sorte obligés de rester à cause de la « culture de groupe ».

En gros, si le patron et la majorité des salariés restent tard pour travailler, un japonais moyen n’osera pas partir avant les autres. Il essayera de se calquer aux autres pour ne pas avoir une « mauvaise image ».

D’ailleurs lorsqu’on part du boulot il faudra dire : O sakini shiturei shimasu (お先に失礼します) qui se traduit littéralement par « veuillez m’excuser de partir avant vous ».

Mais ce qui est déplorable, c’est que certaines entreprises ne paient même pas les heures supplémentaires. On appelle cela du Zangyou Sa-bisu (残業サービス).

Pour les plus chanceux, avoir des heures supplémentaires payées est aussi un moyen de gagner de l’argent.

En effet cumuler les heures supplémentaires, permettent d’augmenter son salaire de fin de mois considérablement.

Bien loin du mythe du travail forcenée à la japonaise, les heures supplémentaires ne signifie pas forcement « travailler dur ».

Certains japonais font trainer les taches sur toute la journée pour pouvoir bénéficier des heures supplémentaires.

Gravir les échelons

Gravir les échelons au Japon est aussi particulier. Comme je vous le disais l’ancienneté au Japon compte beaucoup.

Donc en fonction de votre age, situation familiale, et votre ancienneté dans l’entreprise on vous augmentera vos échelons, votre salaire graduellement.

Généralement les rôles sont déjà défini sur le papier, la carrière d’un employé est en quelque sorte déjà tracée…

Ainsi il n’est pas rare de voir des japonais atteignant la 40aine, occuper des postes de chef même si ils n’ont pas les compétences…

Ce mode de fonctionnement est surtout vrai dans les administrations ou vieilles entreprises.

Mais de nos jours, de plus en plus d’entreprises plus modernes (notamment sur Tokyo) offrent plus de flexibilité et promeuvent les grades en fonction des résultats.

En tant qu’étranger, gravir les échelons ne sera pas une tache aisé si vous travaillez pour une entreprise non-globale. Il faudra prouver sa valeur et ses compétences.

Inégalités entre hommes et femmes

Même si le Japon a fait quelques efforts pour réduire l’inégalité entre les hommes et le femmes. C’est loin d’être l’équilibre qu’on peut trouver dans les pays occidentaux.

En effet, l’homme aura toujours l’image de celui qui ramène de l’argent. Tandis que la femme aura celle de celle qui s’occupe de la maison.

Même si la tendance des office lady et patronne d’entreprise augmentent, dans une entreprise puriste on donnera rarement un poste à responsabilité à une femme.

Les inégalités se relatent également dans les salaires au Japon. Les femmes seront généralement moins bien payées que les hommes.

Les pots (nomikai 飲み会)

Comme je vous le disais un peu plus tôt dans l’article, les japonais vont beaucoup boire entre collègues dans les izakaya (bars japonais).

Ces réunions alcoolisés sont plus communément appelés les nomikai (飲み会).

Toute entreprise qui se respecte, organise au moins des pots à la fin de l’année (Bonenkai 忘年会), au début de l’année (Shinenkai 新年会), lors de nouveaux recrutement (Kangeikai 歓迎会).

Certaines entreprises organisent même des nomikai tout les mois (c’était le cas dans une des entreprise ou je travaillais).

Le nomikai fait partie de la culture japonaise au travail, il permet aux employés de se réunir et d’extérioriser leur stress via l’alcool et la cigarette dans un cadre convivial et autour d’un repas offert par l’entreprise.

Ce n’est que pendant les nomikai, qu’on peut « communiquer entre collègues » et s’intéresser à la vie de l’autre. C’est en quelque sorte une échappatoire qui a pour but de relâcher la tension du train train quotidien où l’on se doit d’être sérieux.

Les sujets tournent généralement autour du boulot et parfois à la limite du tabou sans vraiment trop déborder. Les salariés peuvent se lâcher tout en gardant certain contrôle. On évitera de tout dévoiler pour ne pas donner une mauvaise image.

La participation au nomikai est presque obligatoire, il est souvent mal vu de ne pas y participer.

Culture japonaise au travail : on s’adapte ou pas…

Pour conclure, vous aurez compris que culture japonaise au travail sort de l’ordinaire si on est habitué à la culture française.

Si vous voulez travailler au Japon, il faudra faire des concessions et s’adapter au mode de pensé japonais.

La culture japonaise au travail peut vous paraitre extrême.

Mais rassurez vous, il existe des entreprises (notamment les entreprises internationales) plus indulgentes et offrent un environnement de travail plus favorable aux étrangers.

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